Finances communales : les voyants sont au vert
Arc’hanterezh ar gumun : yac’h eo !
BILAN DE MANDAT 2020-2026

À l’aube du renouvellement municipal, l’année 2026 s’inscrit dans la dernière phase d’un mandat marqué par une volonté affirmée de transformation et de modernisation du territoire communal. L’occasion de faire un point sur l’état des finances de la ville de Moëlan-sur-Mer, en toute transparence.
Depuis 2020, l’exigence de pédagogie et de transparence financière à l’œuvre lors de chaque débat d’orientation budgétaire et de chaque vote du budget ainsi que l’organisation de plusieurs Assises citoyennes à l’automne nous ont permis de partager régulièrement les enjeux et les perspectives concernant les finances communales. Lors de ces temps forts, les Moëlanaises et les Moëlanais ont montré leur attachement à un dialogue local ouvert et à la bonne compréhension des choix budgétaires opérés par leurs représentants. Une bonne raison de poursuivre sur cette voie en délivrant ici quelques clés d’analyse supplémentaires.
Une bonne santé financière en fin de mandat
Les dernières données comparatives disponibles (fin 2024) traduisent la bonne situation financière de la commune de Moëlan-sur-Mer :
- Les charges de personnel sont contenues. Elles s’établissent à 522 € par habitant, bien en-deçà de la moyenne nationale des communes de taille équivalente (628 €). Un résultat d’autant plus satisfaisant que la commune gère une crèche municipale, un équipement culturel d’envergure, une cuisine centrale et trois ports, ce qui est loin d’être le cas de nombreuses villes de même strate.
- La capacité d’autofinancement est nettement supérieure à celles des villes comparables. Elle représente 24,83 % des produits de fonctionnement courants, contre 16,24 % en moyenne.
- La dette communale est particulièrement maîtrisée. Elle représente 26,80 % des produits de fonctionnement courants, contre 57,41 % en moyenne pour des communes de même strate. Nous n’avons eu recours à l’emprunt que deux fois : 650 000 € en 2021 (les taux étaient alors particulièrement bas) et 800 000 € en 2025 (essentiellement pour couvrir les restes à réaliser sur 2026).
- L’encours de dette s’élève à 3,1 millions d’euros (M€) à fin 2025 (niveau comparable à celui de 2020), soit une dette de 435 € par habitant, nettement inférieure à celle des communes de taille équivalente (755 €).
- Le niveau d’impôts locaux est supérieur à la moyenne de la strate (721 € par habitant contre 607 €), un décalage principalement dû aux bases imposables, plus élevées à Moëlan-sur-Mer que dans la moyenne des communes de taille équivalente ailleurs en France (1 746 € de bases nettes de foncier bâti par habitant moëlanais contre 1 436 € au niveau national).
Mais un contexte budgétaire particulièrement incertain
Les voyants sont donc au vert pour le mandat à venir. Cependant, la préparation budgétaire pour 2026 s’effectue dans un contexte économique, politique et institutionnel particulièrement incertain. Ces contraintes pèsent sur les finances publiques locales et renforcent la prudence nécessaire dans la construction du budget communal.
En l’état, le projet de loi de finances 2026 fait en effet peser sur les collectivités territoriales un effort disproportionné. Ces mesures conduiront à une diminution sans précédent de la capacité d’autofinancement de la plupart des collectivités. Ce qui est déjà en grande partie vrai pour les Départements et les Régions. Voté tel quel, le budget 2026 de l’État asphyxiera donc un grand nombre de territoires, avec des répercussions significatives sur l’économie et la croissance, mais également sur les services publics dont bénéficient nos concitoyens1.
Pour autant, nos élus au sein du conseil municipal restent volontaires et confiants en poursuivant une stratégie budgétaire équilibrée fondée sur :
- la maîtrise des dépenses courantes,
- le soutien à l’investissement local,
- et l’anticipation des transitions écologique, numérique et démographique.
Ces orientations visent à préserver la qualité du service public, tout en consolidant la soutenabilité financière à moyen terme.
Une capacité à investir pour l’avenir préservée
Compte tenu de la bonne santé financière de la commune, les mesures d’austérité décidées par le Gouvernement ne remettent pas en cause le programme d’investissement ambitieux porté par nos élus à horizon 2030. Certes, une priorisation des projets sera nécessaire ainsi qu’une maîtrise de coûts de fonctionnement, mais un effort d’investissement important demeure nécessaire. Un cap source d’attractivité pour le territoire, de gain de population et de retombées induites : créations d’emplois, soutien à l’activité économique locale, dynamique fiscale…
« Il convient de préserver des marges d’autofinancement par la recherche permanente de l’efficience du service public communal, sans toucher à la qualité des services rendus à la population moëlanaise. » Franck Chanvril, adjoint aux finances et à la transition écologique depuis 2020
Une hausse des investissements en fin de mandat
Les dépenses d’investissement devraient s’établir à hauteur de 3,49 M€ pour 2025, un niveau nettement supérieur au deux premiers tiers du mandat (2,24 M€ par an en moyenne de 2020 à 2024).
Parmi les réalisations majeures de l’année :
- la réhabilitation de la salle de spectacle du pôle culturel l’Ellipse (505 K€),
- le réaménagement de Merrien (450 K€),
- le gros entretien courant de la voirie (400 K€) et des bâtiments municipaux (120 K€).
Par ailleurs, des projets d’envergure seront engagés début 2026, parmi lesquels :
- la requalification d’espaces publics à Kergroës (716 K€) dans une logique d’apaisement, de sécurisation et de promotion des mobilités douces rue des Grandes Landes, avec création d’une placette végétalisée et d’une allée ludique arborée. Des aménagements nécessaires pour redynamiser un quartier en pleine mutation (nouveaux logements et équipements publics). Cette opération devrait bénéficier d’un financement d’environ 48 % du coût HT ;
- la requalification urbaine de la rue de Pont-ar-Laër (2,13 M€), véritable entrée de ville, pour mieux structurer les circulations entre le sud et le nord du bourg, avec une priorité donnée aux mobilités douces (voies piétonnes et cyclables séparées). Cette opération devrait bénéficier d’un financement d’environ 31 % du coût HT.
Cap sur la prochaine mandature
Fin 2025, la commune de Moëlan-sur-Mer devrait dégager une épargne brute de 1,4 M€ (soit 16 % des recettes de fonctionnement), ce qui traduit une situation financière saine pour envisager avec confiance la prochaine mandature.
« Le projet de rénovation de l’école publique du bourg in situ, ou de sa reconstruction à proximité du collège constitue un enjeu majeur pour le prochain mandat. Sa faisabilité devra être jugée dans le cadre de l’étude avant-projet qui débute, notamment au regard des économies induites : maîtrise des dépenses énergétiques, coûts d’entretien réduits… » Gwenaël Herrouet, 1er adjoint délégué à l’urbanisme depuis 2020, tête de liste de l’équipe Moëlan, partageons l’avenir !
- Une étude récente de la Banque Postale évalue que dans l’hypothèse où les coupes budgétaires annoncées pour 2026 verraient le jour, l’épargne brute se détériorerait pour le bloc communal ce qui conduirait inévitablement à une diminution des investissements locaux et à un recours plus élevé à l’emprunt. Le délai de désendettement passerait de 4,7 ans à 6,6 ans. Ce scénario remettrait plus particulièrement en cause l’atteinte des objectifs de transition écologique inscrite dans la stratégie nationale bas-carbone. À l’inverse, la réalisation d’un niveau d’investissement élevé (+ 30 % entre 2024 et 2030) permettrait de tenir ces engagements climatiques. S’il suppose un recours accru à l’emprunt (28 milliards en 2030), il produirait les mêmes effets sur le délai de désendettement des collectivités. ↩︎
